Politique

Qu’est-ce que le sarkozysme ?

Aujourd’hui au Touquet-Paris-Plage, Le Campus des Jeunes de l’UMP se déroule. Daniel Fasquelle, maire de la commune, a invité l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, à ce campus. Souvent décrié en tant que président, attendu depuis sa défaite en 2012 comme l’homme providence, Nicolas Sarkozy a souvent été montré du doigt pour le sarkozysme. Mais qu’est-ce que ça pourrait être comme courant de pensée politique ou comme idéologie ?

Selon Thomas Clay, professeur agrégé de droit privé, auteur de l’ouvrage Les lois du sarkozysme, explique que le sarkozysme est « une pensée politique parfaitement structurée, qui s’est acharnée à insuffler de nouvelles valeurs à notre pays ». Selon Jacques Marseille, économiste, ou Alain Duhamel, journaliste, le sarkozysme est un bonapartisme moderne. Pour Jean-Louis Bourlangues, député européen UDF, le sarkozysme est « un libéralisme d’inspiration anglo-américaine, sorte de thatchérisme modéré ou de blairisme à la française ; un gaullo-chiraquisme d’inspiration clairement jacobine, qui repose sur l’exaltation d’un État providentiel, dispendieux et tout-puissant ».

Tout comme Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy ne croit pas au clivage gauche/droite. La preuve en est l’« ouverture » avec l’entrée au gouvernement de personnalité « de gauche » comme Éric Besson, Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel. De personnes plutôt proche du centre comme Hervé Morin, Michel Mercier, Valérie Létard, Anne-Marie Idrac, François Sauvadet et Maurice Leroy. Ou enfin des personnes sans étiquette politique comme François Mitterrand ou Fadela Amara. Nicolas Sarkozy se déclare lui-même en rupture avec l’ancien premier Président de la Cinquième République en disant : « De Gaulle a été l’homme de toutes les ruptures parce qu’il a toujours refusé la continuité, les conformismes, l’habitude, les situations acquises. […] Je refuse la répétition d’un passé qui ne serait plus accordé avec le monde d’aujourd’hui. Je veux rompre avec une certaine façon de faire de la politique. Je veux créer une nouvelle relation avec les Français ». Finalement « ensemble tout devient possible ».

Tout comme Napoléon Bonaparte, Nicolas Sarkozy souhaite une patrie grande et puissante ; c’est la « France forte ». Comme nous sommes en temps de paix, il n’est plus possible d’envahir à la manière de Napoléon Ier ses pays voisins ; il faut donc ruser pour les « envahir ». L’Union européenne et l’amitié franco-allemande permettent de grignoter un peu de ses voisins.  En mettant un « chef d’état » à la tête d’un regroupement franco-allemand ou de l’Union européenne, cela pourrait permettre de grandir (virtuellement) le pays. Ainsi Sarkozy a déclaré : « Aussi, je plaide clairement pour la création d’une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au cœur de la zone euro qui nous permettra d’abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux et qui nous permettra ensuite de prendre le leadership des dix-huit pays qui composent notre union monétaire ». Même monnaie, même fiscalité ; en somme, même pays. On peut se dire que la France peut se faire « avaler » par l’Allemagne, mais comme une guerre, on peut gagner comme perdre. Il lui prend aussi le culte de la personnalité. Contraiement aux siècles précédent, au XXIe siècle, il est plus facile de communiquer. Peindre des statues, faire des tableaux et autres bibelots ne sont plus vraiment d’actualité. Il faut être constamment à la Une de la presse ou apparaître dans les journaux télévisés. D’où le surnom de l’hyperprésident : toujours présent. Et depuis qu’il s’est mis à l’écart, il est toujours présent.

Tout comme les libéralistes, Nicolas Sarkozy souhaite que l’État assure les fonctions dites « régaliennes » de police, de justice et de défense. C’est qu’ainsi est née la diminution des professeurs : « un professeur sur deux ne sera pas remplacé », de conseillers territoriales (fusion des régions et des départements et diminution du nombre de régions), de personnel administratif (fusion de l’ANPE et de l’Assedic n’était pas forcément en faveur de la simplification d’accès entre la paye et la recherche d’emploi, réforme territoriale). En 1999, lors d’un débat opposant Nicolas Sarkozy à François Hollande, François Bayrou et Robert Hue, ce dernier déclare à son propos : « Son obsession, c’est les services publics. Il veut réduire les services publics. Vous voulez réduire sensiblement le poids des services publics dans ce pays. » Ce que Sarkozy nie en bloc.

Ainsi pour ma part, le sarkozysme est un mélange entre le gaullisme (de De Gaulle) et le bonapartisme (de Napoléon Bonaparte), le tout accompagné de libéralisme. Dernièrement, l’homme est souhaité par 69 % des sympathisants pour diriger le parti. Il représente donc un fort pourcentage des sympathisants du parti de la droite française.

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2 réflexions sur “Qu’est-ce que le sarkozysme ?

  1. Bonjour,
    Je pense qu’il existe deux principaux caractères d’hommes publiques.
    Le premier se caractérise par le fait que le politicien est donne sa vie pour défendre ses idées au service de la Nation.
    Le deuxième se caractérise par le fait que le politicard fait de la politique pour obtenir un salaire, et même parfois les sommes sont si importantes que nous ne pouvons même plus nommer cela salaire.
    Avec cette perception toute droite déduite de Victor Hugo, ou Charles Péguy, la politique au sens propre, ne dépasse pas les villages mis à par quelques intervenants d’associations, et effectivement le terme droite/gauche ne veut plus rien dire car ils se classent dans la même catégorie.
    Cordialement

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  2. Je pense que les politicards sont trop aveuglés par leurs avantages et ne se rendent pas compte qu’ils mènent le pays à une sorte de guerre civile, dont ils feront les frais les premiers. Le problème aussi c’est que la France est gangrénée par une société soi-disant bien pensante et complètement hypocrite, bien incapable de chercher à régler les problèmes à leur source. En fait, les gouvernements successifs en sont à « moins j’en fais, mieux je me porte » et attaquent leurs adversaires non pas sur leurs idées mais sur le fait même qu’ils existent. Gauche et Droite devraient se remettre en question, parce que le peuple français s’impatiente. D’ailleurs Gauche et Droite devraient arrêter de se comparer à des personnages du siècle dernier, une époque bien loin de la société actuelle. En fait, c’est comme le cerveau humain : ils n’évoluent pas suffisamment vite par rapport aux progrès scientifiques et technologiques qui transforment les sociétés.

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