Économie, Société

Braderie de Lille : la Flandre chine

Aujourd’hui, 6 septembre, la braderie de Lille vient de débuter pour le week-end. Entre deux et trois millions de personnes (appelés des chineurs) vont arpenter les rues du chef-lieu du département du Nord. Ils seront accueillis par dix mille exposants (bradeurs) sur cent kilomètres de trottoir pour le plus grand marché aux puces de France.

Lille  a longtemps été une ville de commerce. Au Moyen Âge, lors de la construction de la grand-place, celle-ci était réservée pour le marché et pour les défilés militaires. La ville accueillait des marchands de toute la Flandre et de tous les Pays-Bas espagnols sur son marché. Les commerçants et les industriels se réunissaient quasiment tous les jours, contre vents et pluie. Puis au milieu du XVIIe siècle, ils décident de bâtir une bourse de commerce (qui depuis s’appelle la Vieille Bourse). Pour l’histoire de la braderie, il existe tellement de versions et de rumeurs qu’on a un peu de tout. L’origine qui remonterait d’une foire semble être accepté par tous : la « franche foire ». Quelques uns lui donnent l’origine de Marguerite II de Flandres, d’autres à Philippe-le-Bon. Certains ne donnent pas d’origine mais de la première trace écrite qui serait de 1127. Tout comme le mot « braderie ». Personne n’est d’accord. Viendrait-il du néerlandais braden signifiant rôtir ? Pourquoi la foire annuelle a pris ce nom ? Sans lien avec le mot brader ? Un texte en vieux français parle de « braderie et de roſtiſſerie ».

Pour ma part, je pense que la braderie de Lille est née vers la fin du XIII avec Marguerite II de Flandre avec la foire annuelle de Lille, une foire parmi tant d’autres. Philippe-le-Bon l’a repris sous le nom de franche foire, où les commerçants étrangers devaient payer plus pour l’intégrer. Si la foire est renommée et attire de nombreux marchands, ils ne seront pas contre de payer un peu plus. Celle-ci se transforme en franche fête, puis au milieu du XVe siècle, deux marchands de volailles s’installent sur la foire. Ils ont un tel succès que d’autres vendeurs prirent le nom de braderie pour vendre leurs vieilles babioles. Cela à du se démocratiser et rester en même temps que la foire, puis prendre petit à petit le terme de braderie au lieu de foire. Pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

La braderie est un vrai marché : celui au sens des économistes. L’offre (bradeur) et la demande (chineur) se rencontrent le temps d’un week-end. Contrairement au marché traditionnel où le prix est à prendre ou à laisser, à la braderie, il y a moyen de débattre du prix pour tenter d’obtenir un rabais. Cependant c’est surtout pour les vrais brocanteurs, ceux qui ne sont pas une entreprise ou des marchands ambulants. Par exemple, dans les rues piétonnes, les entreprises vont mettre en place des étals devant leur boutique. Le Furet du Nord, ne pouvant pas se mettre sur la place du Général-de-Gaulle, créé même un chapiteau sur la place Rihour pour y vendre des produits au rabais. Ainsi, comme toute manifestation populaire de France, la braderie de Lille permet également de faire tourner le commerce local. On peut penser à l’augmentation de la fréquentation dans les rues de la ville de personnalités étrangères à la ville. Elles peuvent prendre une ou plusieurs nuits dans les hôtels de la région. Puis également consommer les moules-frites dans un des nombreux restaurants proposant le plat (pour une somme modique ou non).

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3 réflexions sur “Braderie de Lille : la Flandre chine

  1. Pingback: La « nouvelle » braderie de Lille | Société de Thibault

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