Économie

Comment la France a tué son industrie textile

Dimanche 21 septembre 2014, l’émission de télévision Capital a mis en lumière les boutiques changeant de primeur toutes les deux ou trois semaines. Forever 21, VeroModa, asos.com, New Look, Primark sont les principales enseignes de cette mode plus qu’éphémère appelée l’ultra fast fashion, soit la « mode ultra rapide ». Afin de fabriquer rapidement leurs vêtements, les enseignes font appel d’entreprises textiles d’Europe de l’Est. En implantant les usines dans cette partie de l’Europe, les vêtements sont déjà en Europe et donc rapidement, grâce aux camions, dans les magasins. Le second choix de cette partie est le prix faible de la main-d’œuvre. Selon Capital, elle est aux alentours de 140 € par mois par ouvrier.

En France, on a également eu des bassins d’emplois qui étaient principalement réservés pour l’industrie textile. À Lyon, étaient les industries de la soie, aux alentours de Roubaix et de Tourcoing, celles de la laine et aux alentours de Lille, étaient celles de lin. La Lainière de Roubaix et le peignage Amédée Prouvost était deux entreprises textiles de Roubaix. Elles ont toutes les deux fermées à la fin du XXe siècle à cause de la concurrence des fabricants de textiles à bas-coût. En effet, dès 2000, la concurrence chinoise envahit le marché français et la loi sur les 35 heures est votée. Les ouvriers chinois étaient moins bien payés que les français et travaillent plus. Ainsi le coût de fabrication du vêtement était moins cher. Et donc son prix de vente plus bas. La Lainière de Roubaix et le peignage Amédée Prouvost sont deux exemples parmi tant d’autres. Mais dans le Nord-Pas-de-Calais, l’industrie textile est en 1954, la première activité régionale, avec plus de 171 000 emplois et en 2010, représente 10 100 emplois. En un peu moins de soixante ans, l’industrie textile a perdu 160 900 emplois, soit une baisse de 94 % de l’activité, et ce, rien que dans le Nord-Pas-de-Calais.

En tentant de faire des produits d’entrée de gamme, il est difficile de concurrencer avec les entreprises étrangères. Ainsi pour les enseignes, il est devenu difficile de produire des vêtements de faible qualité en France. À qualité égale, le vêtement fabriqué en France coûtera forcément plus cher. C’est pour cela que certains se lancent dans le vêtement de qualité ou innovant. Je n’ai pas forcément beaucoup d’exemple, mais souvenons-nous de l’ancien ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg qui arborait fièrement une marinière d’Armox Lux. Ce produit fabriqué en France reste un produit avec un bon rapport qualité/prix, selon certains dires. Il existe également l’entreprise Le Slip français, qui comme son nom l’indique, vend des slips fabriqués en France, à Saint-André-lez-Lille plus exactement, en périphérie de Lille. L’entreprise Lemahieu, une des dernière bonneterie de France, confectionne ainsi les slips. Au final, un slip seul coûte sur le site officiel, entre 26 et 35 €. Alors que le concurrent Dim sur le son site vend trois slips pour 21,90 € et l’achat unitaire entre 12,90 et 17,90 €.

Peut-on vraiment comparer Dim et le Slip français ? Les deux sont des acteurs de l’habillement et plus précisément des sous-vêtements majoritairement. Les deux sont des entreprises françaises ; sauf que l’un ne fabrique pas en France mais en Roumanie (et ce, depuis 2008). Ainsi, un vêtement d’entrée de gamme vise-t-il la même clientèle qu’un vêtement haut de gamme, même si la finalité reste la même ?

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