Économie, Société

Discrimination à l’embauche (ou pas)

Aujourd’hui, je suis en train de lire un article de BFM TV intitulé : « Les candidats d’origine maghrébine toujours discriminés à l’embauche », et dans le même temps, je reçois une réponse à une x-ième candidature auquel j’ai répondu : « Nous sommes malheureusement au regret de vous informer que votre candidature n’est pas retenue pour ce poste, d’autres profils s’étant révélés plus proche du profil recherché. »

Tout d’abord, j’aimerai faire le point avec vous. J’envoie des CV et des lettres de motivation quotidiennement dans mon domaine de prédilection qui est l’assistanat. Tous les jours, je regarde les annonces de la veille ou du matin sur le site Indeed (entre autre), je reçois tous les matins les newsletter de Pôle Emploi, Indeed, B-Emploi, entre autres, je recense toutes mes démarches sur le site Boomerang de Pôle Emploi, je guette les annonces d’emploi sur Twitter avec le #i4emploi, je me suis inscrit sur Bob Emploi dès son lancement. J’ai fait tous les conseils de Bob Emploi, je suis sur Twitter des comptes de conseillers Pôle Emploi, d’entreprises spécialisés dans le recrutement, et je tente d’appliquer tous leurs conseils également, afin d’avoir un CV percutant et professionnel. Il est vrai que je ne fais plus de porte-à-porte, « à l’ancienne » ; je pense que le numérique est assez rentré dans les mœurs pour s’affranchir de cela -même si je pense que certaines entreprises doivent encore s’arrêter à ça-.

Et pourtant, moi, Thibault Fermont, je devrai être embauché rapidement d’après tous ces statistiques. Je suis ce fameux homme blanc valide issu dun quartier non populaire avec un nom à consonance non étrangère. En effet, je ne suis pas une femme, je ne suis pas de couleur, je ne suis pas handicapé, je ne suis pas issu d’un quartier défavorisé ou populaire, je ne suis pas avec un nom à consonance étrangère. Et pourtant, je suis après deux mois de recherche intensive toujours au chômage. Et malgré tout ce que je fais, je n’ai décroché que deux entretiens.

Selon les recruteurs, mon principal défaut est d’être très peu expérimenté dans une entreprise. En effet, je n’ai fait que très peu de stage, souvent très court. Si bien que lors de ma précédente recherche avant de trouver un poste dans une école élémentaire en contrat aidé, j’ai eu droit à un « Comment voulez-vous qu’on vous intègre dans notre entreprise, nous ne savons pas comment vous vous intégreriez. » Très classe.

Pour revenir à cette étude (non représentative) publiée dans BFM TV par ISM Corum pour le ministère du Travail, 30 % des entreprises seraient discriminantes envers les personnes dites maghrébines par rapport aux « hexagonaux ».  Et moi, sur quels critères discriminants puis-je compter ? Trop gros ? Trop moche ? Ah non, moi, c’est juste mon manque d’expérience.

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Économie

Ma semaine (bien) remplie

Après avoir été à une réunion d’information pour rejoindre un nouveau groupe de jeunes de moins de 26 ans (voir Pôle (jeune) Emploi), j’ai eu une semaine bien remplie.

Dès lundi à 9 h, j’ai rendez-vous au Pôle Emploi d’une plateforme logistique ; je ne suis pas seul, la salle est remplie, ainsi environ 45 personnes assistent à cette réunion d’information. La personne dont le nom m’a échappé nous explique ce qu’est le métier de magasinier / préparateur de commandes et ce qu’est la logistique. Il nous explique également la formation en alternance qu’on devra suivre si on continue. En recherche d’emploi depuis trop longtemps, je fais comme la quasi-totalité du groupe, je demande à passer l’« évaluation par le biais de la méthode de recrutement par simulation ». La première session était le mardi après-midi, je n’ai pas voulu la faire à cause du forum de l’emploi d’Arras où j’allais le lendemain. Ainsi, je m’inscris comme sept autres personnes, à la session du jeudi matin. En complément, on avait droit à un psychologue du travail si on ratait les tests.

Normalement, une autre personne du groupe devait me rejoindre. Il n’a pas trouvé le centre de formation, et a été directement à Oxylane, l’entreprise qui nous prend un formation. On lui a dit qu’il n’y avait rien. Enfin, c’est ce qu’il m’a dit quand je l’ai appelé après la réunion d’information, je n’ai pas vérifié. Il me dit également qu’il arrête le groupe de jeunes. Je devais aller le chercher pour aller à Pôle Emploi l’après-midi, ce ne sera plus le cas. L’après-midi, je retourne au Pôle Emploi de Lens. Sur les dix autres convoqués, seuls trois arrivent. Une est malade, les autres ont abandonné. Le conseiller Pôle Emploi nous explique les démarches à faire pour tenter de convaincre pour le forum emploi d’Arras. Il nous a donné en exclusivité les entreprises présentes au forum et nous a incité à venir à un autre Pôle Emploi à Lens, pour un forum des métiers de l’uniforme, mercredi.

Ainsi, mardi, je me retrouve avec une amie et sa sœur à Artois Expo, à Saint-Laurent-Blangy pour le forum emploi d’Arras. On se lève tôt pour être présent à l’ouverture du forum à 9 h 30. Après avoir beaucoup tourné vers l’accueil, je retrouve mon conseiller Pôle Emploi. Celui-ci a déjà démarché les entreprises pour moi et m’invite à me rendre à certains stands qui pourraient avoir des offres pour moi. Je m’exécute. Je vais également à d’autres stands comme celui d’Auchan Arras ou à la création d’entreprises. Je repars à la fermeture du salon après avoir vu une amie avec qui j’étais à Vecteur, un « sous-traitant » de Pôle Emploi, toujours en recherche d’emploi et un ancien camarade de fac, qui est à l’entreprise La Vie active.

L’après-midi le conseiller Pôle Emploi m’appelle deux fois. La première pour me confirmer qu’on a réunion vendredi à 9h, la seconde pour me dire qu’il a réussi à me négocier un entretien dans l’école primaire de Vermelles durant l’heure du midi, pour un poste d’EVS. Puis vient mercredi. Ce matin-là, je me dirige donc vers un autre Pôle Emploi à Lens, je retrouve mon conseiller Pôle Emploi qui m’invite à appeler pour confirmer un entretien à une école maternelle de Flers-en-Escrebieux, vendredi à 11 h. Ce que naturellement, je fais. Au salon de l’uniforme, car à l’origine j’étais venu pour ça, il y a tous les métiers qui sont en uniforme (d’où son nom). Ainsi, la marine nationale, l’armée de terre, l’armée de l’air, la police, la gendarmerie et les centres pénitenciers étaient présents ; je les ai tous fait. La légion étrangère est arrivée très en retard, je ne l’ai pas faite. Je suis néanmoins sorti à midi. Puis, à peine arrivé chez moi, je me pose à table pour manger, et le téléphone sonne. La directrice de l’école maternelle de Montigny-en-Ostrevent me propose un rendez-vous : le lendemain, jeudi. Je lui explique que j’ai déjà un rendez-vous au matin et que l’après-midi, j’ai déjà un entretien. Cependant, je lui dis que je vais tenter de faire tôt l’après-midi mon premier entretien pour enchaîner avec le sien. Et que bien sûr, je la tiens au courant.

Jeudi, je retourne au Pôle Emploi de la plate-forme logistique. Dans la même salle que la réunion d’information, sauf qu’elle a été « transformée ». Au lieu d’y avoir que des chaises pliables pour s’assoir ; il y a des racks en format miniature. Le formateur nous explique le déroulement de l’évaluation. D’abord en binôme, on doit vider deux boîtes contenant plusieurs pièces différentes, comme des Lego, des bacs, des lattes, des cubes, en suivant la nomenclature, le tout en dix minutes. J’avais un bon binôme, ou plutôt une bonne binôme, on a fait ça assez rapidement. Deuxième épreuve, il fallait compter le nombre de pièce en fonction de leur désignation. Pour les lattes, on les avait rangé en colonnes de cinq, tandis que les autres les avaient mis en vrac. Pour nous, il a été simple de les compter ; cinq minutes nous avait été suffisant. Troisième épreuve, celle-ci était individuelle et la plus longue ; il fallait répondre à des commandes et remplir un camion fictif. En parallèle, il y avait des « événements » à résoudre : comme par exemple enlever les pièces défectueuses des racks. La quatrième et dernière épreuve était de relire des bons de commande pour savoir s’il y avait bien le nombre de pièce exact dans le camion pour la livraison. Au final, j’ai eu 81 sur 89.

Je suis vite rentré chez moi pour partir avec ma mère pour les deux entretiens dans les écoles : Vermelles, puis Montigny-en-Ostrevent. Les entretiens se passent bien et poliment, pour le premier, la directrice prend plutôt la parole, elle m’explique le poste et ce dont elle a besoin. Pour la seconde, c’est plutôt à moi de parler. Mon conseiller me l’avait dit, il existe deux sortes d’entretien, l’un quand le recruteur parle, l’autre quand il nous laisse parler. Pour ma part, il me semble que je n’ai pas trop bafouillé durant les entretiens et que j’y ai donné mon maximum. Au passage, au retour de Montigny-en-Ostrevent, je me suis dirigé vers Flers-en-Escrebieux pour voir à l’avance où se situait l’école.

Vendredi, 9 h, direction Pôle Emploi pour la réunion. La demoiselle malade est revenue, tandis que le seul autre gars est absent. Me voilà avec trois demoiselles pour le groupe de jeunes à Pôle Emploi. Le conseiller nous demande de parler de notre semaine de recherche d’emploi. Moi, je lui explique plus ou moins ce que je viens d’écrire. Il nous explique qu’il aimerait également faire une page Facebook ou un blog sur le groupe afin de lui donner un peu de notoriété ou de « faire le buzz ». Les filles sont plutôt partantes pour la page Facebook ; j’en parlerai lorsqu’elle sera lancée. 10 h 15, je dois écourter la réunion, je demanderai aux demoiselles ce qu’il s’est passé ensuite, mais je dois aller à Flers-en-Escrebieux. Là-bas, le rendez-vous se passe bien. J’ai défendu au mieux ma candidature envers les deux femmes. L’une m’a demandé si cela me dérange de travailler qu’avec des femmes, je lui ai parlé de juste avant où j’étais le seul homme parmi les femmes et que ça ne m’empêche pas de travailler en groupe. Et l’après-midi la directrice de Vermelles me contacte et a le regret de me dire que je ne suis pas retenu. Tant pis, ce sera pour une autre fois.

Dire qu’il ne s’agit que de la première semaine. Cela est mieux que d’être seul dans son coin. Je me demande pourquoi certains ont préféré arrêter car je trouve qu’on est vraiment aidé. S’il pouvait faire ça dans tous les arrondissements, ça pourrait peut-être aider certains jeunes qui se sentent seuls. Mais, il faut la volonté de trouver un emploi. Sinon, c’est sûr que c’est peine perdue et que ça prend du temps. Beaucoup de temps.

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Économie

Pôle (jeune) Emploi

Le 30 septembre 2014, je reçois dans ma boîte mail, un courriel type de Pôle Emploi m’appelant à « rejoi[ndre] le club jeunes du Pôle Emploi de Lens  ». La mission de ce club est « mettre en commun les ressources d’un groupe de jeunes de moins de 26 ans à la recherche d’un emploi », le tout « animé par un coach ». Intéressé par leur « démarche dynamique et collective », j’envoie donc ma réponse à l’adresse-mail fourni avec le courriel, le soir-même. L’homme me répond le lendemain en disant qu’il prend bonne note de mon intérêt, mais qu’il reviendra vers moi lorsqu’il aura assez de jeune pour former un groupe. Ainsi, je suis convoqué au Pôle Emploi de Lens le 3 octobre pour rejoindre ce groupe.

Ainsi aujourd’hui, je me suis déplacé au Pôle Emploi de Lens concerné. J’arrive à l’heure convenue et j’attends avec d’autres personnes qui sont dans le même groupe que moi. La personne qui nous avait contactés vient nous chercher. Et le groupe se dirige vers la salle de réunion. Nous voilà tous installé, nous sept, l’employé de Pôle Emploi commence en se présentant. Il a travaillé dans plusieurs entreprises privées avant de rejoindre Pôle Emploi en 2006. Il s’occupe majoritairement des jeunes chômeurs. En effet, ce bâtiment de Lens est réservé uniquement pour une certaine catégorie de personnes comme les licenciés économiques ou les jeunes. Dans ma région, le Nord-Pas-de-Calais, le chômage des jeunes de moins de 26 atteint 25 % selon ces dires. Vient à nous de nous présenter, et ensuite de dire les manières de chercher un emploi que l’on connaisse.

Les méthodes sont citées puis classées dans deux catégories : le « marché ouvert » et le « marché caché ». Dans le marché ouvert, il y a le site de Pôle Emploi, par exemple. Celui-ci ne représente qu’entre 20 et 30 % des offres d’emploi. Dans le marché caché, il y a le contact direct, c’est-à-dire le porte-à-porte ; les candidatures spontanées (en fait entre les deux marchés) et la cooptation, c’est-à-dire de faire fonctionner son réseau familial, social, scolaire pour tenter de décrocher un emploi. C’est dans cette dernière catégorie qu’il faut privilégier la recherche.

Afin de privilégier cette recherche, il faudra donc travailler en groupe. Travailler en groupe, ça signifie de rechercher pour soi-même, mais également pour le petit camarade, dans le même cas, on se fait relais de sa candidature. Nous sommes ainsi un « collectif pour s’entraider ». Ainsi, on pourra par exemple faire un blog, faire des CV vidéos pour se présenter ou bien ouvrir un groupe Facebook. Le prestataire Pôle Emploi sera également là pour nous aider. Il nous aidera pour combler nos lacunes ; ainsi, on améliorera le CV, et on fera des simulations de recrutements et d’entretiens d’emploi.

Après nous avoir présenté le club jeune, le conseiller Pôle Emploi nous a pris un par un, individuellement. D’abord les demoiselles ensuite les jeunes hommes. J’ai donc signé pour trois mois de conseils où j’ai comme objectif final « de trouver un emploi durable qui correspond à [mon] projet ». J’espère vraiment trouver quelque chose après deux ans de chômage.

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