Communication

Chez Pokémon Compagny, le meilleur VRP, c’est Pikachu !

Chez les Pokémon le plus connu, c’est bien sûr Pikachu. Il s’agit d’une espèce de la première génération, c’est-à-dire qu’il est apparu dans la première valve de jeux vidéo Pokémon (Vert, Rouge et Bleu ; Vert n’est sorti qu’au Japon).

Pikachu est à l’origine un Pokémon créé comme n’importe lequel, il n’était pas destiné à être la mascotte de la franchise. Si bien qu’à l’origine, ce devait être le Pokémon tout rose Mélofée. Mais devant le fait que Pikachu était plus populaire chez les enfants de même sexe ; de plus, avec son pelage jaune, il était plus vite reconnaissable. À l’époque seul, Winnie l’ourson avait la même couleur. La série animée où il partage la vedette avec Sacha permet d’augmenter sa notoriété. Mélofée est ainsi mis au placard pour être remplacé par Pikachu.

Avec sa popularité et sa reconnaissance facile, Pikachu est vite mis en avant. Dès les premières publicités, il est toujours apparu. C’est lui qui sort du Game Boy, c’est lui qui est visible quand il rentre dans le bus. Plus récemment pour la sortie des rééditions Pokémon Rubis Oméga et Saphir Alpha, Pikachu est présenté, dans la publicité, après les trois Pokémon de départ.

En plus des publicités, le Pokémon jaune fait aussi d’autres apparitions, il est désigné comme l’équivalent japonais de Mickey Mouse. Il apparaît également sur le logo du logiciel Pokémon TV. Ce n’est pas le logo Pokémon qui apparaît sur le logiciel, mais bien la tête de Pikachu. Le Pokémon devient-il plus populaire que le logo ? Si bien que rien qu’en montrant sa photo, des enfants comme des adolescents ou des adultes le reconnaissent et le nomment.

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Communication

3 Suisses : toujours le chouchou ?

En 2014, c’est la révolution aux 3 Suisses. Le catalogue papier n’est plus édité. Celui-ci, comme on peut lire sur certains blogs, comme celui de mode de Mayanna. Dans l’article sponsorisé, elle se souvient des « heures passées avec [s]a maman à feuilleter cet immense catalogue en rêvant à tous ces vêtements qu[‘elle] pourrai[t] mettre plus tard ».

Entreprise née à Roubaix en 1932, 3 Suisses est une des pionnières de la vente à distance. L’entreprise aurait pu être, comme La Redoute, l’une des premières à passer à la vente à distance par Internet, également appelé e-commerce. Tandis qu’elles étaient peu à se battre sur la vente à distance, les entreprises ont vu tout être remis en cause par l’arrivée et la démocratisation d’Internet. En effet de nouvelles boutiques en lignes sont apparues sans boutiques en dur : vente-privee.com, zalando.com, showroomprive.com et j’en passe. Mais les boutiques ayant pignon sur rue ont également emboité le pas. Et là, la liste est longue : de la marque d’entrée de gamme à celle haut de gamme. Tout le monde s’est vu offrir cet espace de vente à distance. Là, où elles étaient peu nombreuses, les entreprises de vente à distance ont vu leur nombre exploser. Néanmoins, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), pour 2013, les 3 Suisses sont le quatorzième site avec 4 134 000 visites uniques par mois, derrière (également dans l’habillement) La Redoute sixième et vente-privee.com, onzième.

Avec la fin du catalogue, il n’est plus possible de rappeler tous les six mois aux clients qu’ils peuvent acheter la nouvelle collection. De plus certaines enseignes font de la  « mode ultra rapide ». Finie la mode de maman ou de grand-maman, où l’unique collection s’étendait sur une bi-saisonnalité (printemps-été et automne-hiver). Afin d’assurer le changement de support, la marque a également revu son logo. Même si le rouge reste la couleur majoritaire, il évolue avec une fusion du 3 et du S (du moins pour Facebook). Pour leur site Internet, le nom reste dans sa forme longue, toujours en rouge, toujours avec la barre oblique entre le 3 et le S.

3 Suisses doit donc communiquer par d’autres moyens. Il y a en ce moment, sur les chaînes de télévisions, deux publicités. Cela faisait cinq ans qu’elle l’avait quitté. L’une avec une jeune femme faisant du sport avec sa machine à laver. L’autre, une femme faisant ses courses, craque son cabas et utilise en remplacement un de ses bas. Pour les deux publicités, ensuite, la publicité met une femme s’habillant et changeant de vêtement rapidement à la manière d’un prestidigitateur. La musique est la chanson de Jacqueline Taieb, 7 heure du matin et comme accroche, « les femmes sont créatives ». De nouvelles publicités du même style sont apparues la semaine dernière.

En plus de nouvelles publicités, Les 3 Suisses font un partenariat avec Rising Star, l’émission de M6.  L’entreprise roubaisienne va également mettre en place une web série tout au long de l’émission pour « décrypter et recréer » le style des candidats de Rising Star. Le 4 octobre, Sidney Rhule, le styliste des 3 Suisses, offre un premier conseil sur la page Facebook de la marque. En parallèle, elle devrait proposer également un concours de style à destination des internautes. Dans un autre registre, les 3 Suisses sortent également le « Magalogue ». Ce qui leur permet de garder le côté catalogue, mais à un rythme plus fréquent. Celui-ci est décliné sur papier et sur le web. Comme toute entreprise « connectée », 3 Suisses a sa page Facebook. Au 26 septembre 2014, elle avait 677 773 fans qui la suivaient ; 678 386, le 4 octobre ; 678 485, le 11 octobre, enfin 678 552, le 15 octobre. Malgré le retour à la télévision, la hausse de personnes connectées à la page Facebook de l’entreprise reste quasiment au même niveau.

Avec l’arrêt du catalogue (trop vieillot ?), l’entreprise espère retrouver la rentabilité en 2016. L’entreprise cherche à attirer une clientèle cible plus jeune et plus féminine. C’est toute la difficulté des anciennes entreprises privées, il faut savoir évoluer avec sa clientèle, sans pour autant frustrer les anciens clients. De nombreux clients reprochent aux 3 Suisses d’avoir abandonné leur catalogue et de ce fait qu’ils n’achèteront plus chez eux. Mais, la vente par Internet et la vente par catalogue sont tous les deux de la vente par distance. Sauf que le deuxième est en déclin.

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Économie

Comment la France a tué son industrie textile

Dimanche 21 septembre 2014, l’émission de télévision Capital a mis en lumière les boutiques changeant de primeur toutes les deux ou trois semaines. Forever 21, VeroModa, asos.com, New Look, Primark sont les principales enseignes de cette mode plus qu’éphémère appelée l’ultra fast fashion, soit la « mode ultra rapide ». Afin de fabriquer rapidement leurs vêtements, les enseignes font appel d’entreprises textiles d’Europe de l’Est. En implantant les usines dans cette partie de l’Europe, les vêtements sont déjà en Europe et donc rapidement, grâce aux camions, dans les magasins. Le second choix de cette partie est le prix faible de la main-d’œuvre. Selon Capital, elle est aux alentours de 140 € par mois par ouvrier.

En France, on a également eu des bassins d’emplois qui étaient principalement réservés pour l’industrie textile. À Lyon, étaient les industries de la soie, aux alentours de Roubaix et de Tourcoing, celles de la laine et aux alentours de Lille, étaient celles de lin. La Lainière de Roubaix et le peignage Amédée Prouvost était deux entreprises textiles de Roubaix. Elles ont toutes les deux fermées à la fin du XXe siècle à cause de la concurrence des fabricants de textiles à bas-coût. En effet, dès 2000, la concurrence chinoise envahit le marché français et la loi sur les 35 heures est votée. Les ouvriers chinois étaient moins bien payés que les français et travaillent plus. Ainsi le coût de fabrication du vêtement était moins cher. Et donc son prix de vente plus bas. La Lainière de Roubaix et le peignage Amédée Prouvost sont deux exemples parmi tant d’autres. Mais dans le Nord-Pas-de-Calais, l’industrie textile est en 1954, la première activité régionale, avec plus de 171 000 emplois et en 2010, représente 10 100 emplois. En un peu moins de soixante ans, l’industrie textile a perdu 160 900 emplois, soit une baisse de 94 % de l’activité, et ce, rien que dans le Nord-Pas-de-Calais.

En tentant de faire des produits d’entrée de gamme, il est difficile de concurrencer avec les entreprises étrangères. Ainsi pour les enseignes, il est devenu difficile de produire des vêtements de faible qualité en France. À qualité égale, le vêtement fabriqué en France coûtera forcément plus cher. C’est pour cela que certains se lancent dans le vêtement de qualité ou innovant. Je n’ai pas forcément beaucoup d’exemple, mais souvenons-nous de l’ancien ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg qui arborait fièrement une marinière d’Armox Lux. Ce produit fabriqué en France reste un produit avec un bon rapport qualité/prix, selon certains dires. Il existe également l’entreprise Le Slip français, qui comme son nom l’indique, vend des slips fabriqués en France, à Saint-André-lez-Lille plus exactement, en périphérie de Lille. L’entreprise Lemahieu, une des dernière bonneterie de France, confectionne ainsi les slips. Au final, un slip seul coûte sur le site officiel, entre 26 et 35 €. Alors que le concurrent Dim sur le son site vend trois slips pour 21,90 € et l’achat unitaire entre 12,90 et 17,90 €.

Peut-on vraiment comparer Dim et le Slip français ? Les deux sont des acteurs de l’habillement et plus précisément des sous-vêtements majoritairement. Les deux sont des entreprises françaises ; sauf que l’un ne fabrique pas en France mais en Roumanie (et ce, depuis 2008). Ainsi, un vêtement d’entrée de gamme vise-t-il la même clientèle qu’un vêtement haut de gamme, même si la finalité reste la même ?

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Économie, Communication

Vendre des jeux vidéo Pokémon : un jeu pas si enfantin

Satoshi Tajiri veut faire un jeu vidéo sur la collection et l’échange de monstres, un jeu sur sa passion pour la capture et le combat d’insecte. Il créé avec Ken Sugimori les Capsule Monster. L’idée de faire deux versions séparées du jeu vient de Shigeru Miyamoto, le créateur de The Legend of Zelda et de Super Mario. En y mettant un certain nombre exclusif dans une version et d’autres exclusifs dans une autre, il fallait obligatoirement avoir les deux versions (ou un ami avec une version différente de la sienne) pour « tous les attraper », comme le dit la publicité.

En parallèle, Nintendo sort le dessin animé télévisé mettant en scène Sacha, un jeune garçon de dix ans. Il parcourt le monde Pokémon afin de devenir un jour Maître Pokémon. À l’origine, la série animée ne devait pas exister, car selon Tsunekaz Ishihara, les séries dérivées de jeux vidéos ne duraient qu’une année environ. Cependant du fait de la popularité des jeux vidéo, la série voit le jour, d’abord au Japon, puis en Amérique du Nord et enfin en Europe. Même si la série a été créé grâce aux succès des jeux, celle-ci a permis de faire connaître Pokémon à travers le monde. À titre personnel, je ne sais pas si c’est la publicité dans les magazines pour jeunes ou la série animée qui en est la cause, mais, je sais que je me suis retrouvé avec une version de Pokémon dans ma Game Boy. Et je n’étais pas le seul ; c’est que la stratégie de communication était bonne.

Lorsqu’on vend un jeu et qu’on termine deuxième meilleur vente de tous les temps, il est souvent difficile de faire mieux par la suite. La vente de jeux a par la suite diminué. Pokémon Compagny a également lancé la réédition des premiers jeux vidéo. Ceux-ci permettent de fédérer les anciens joueurs vers les nouvelles consoles et de faire connaître aux nouveaux joueurs les anciennes versions. Mais, les jeux ont rarement le même succès que les premières versions. Pokémon Noir et Blanc ont néanmoins réussi l’exploit d’être le meilleur démarrage au Japon. Peut-être grâce aux publicités plus matures qu’il y a eu là-bas (ceci n’est qu’une supposition, je ne connais pas les publicité japonaises pour ces jeux, mais si la licence se veut plus mature aux États-Unis et en Europe, elle peut également l’être au Japon).

A partir de Pokémon X et Y, Pokémon Compagny adopte une stratégie de communication pour ne pas qu’on les oublie. Après avoir présenté qu’un nouveau duo de jeux est en cours de préparation, toutes les deux semaines environ, un nouveau Pokémon, une information apparaît. À chaque fois d’une manière différente ou dans un lieu différent. Par exemple Monorpale est dévoilé le 4 juillet 2013 durant la Japan Expo de Paris pour faire la promotion de Pokémon X et Y. Elle fait écho dans la communauté de fans. L’information est ensuite accessible et détaillée sur le site officiel Pokémon. Ainsi sans trop en détailler sur le jeu, de nombreuses informations sont disponibles. Le même procédé est utilisé pour Pokémon Rubis Oméga et Saphir Alpha. Ainsi les jeunes adultes passionnés sont mis au courant des nouveautés. En parallèle, la série télévisée animée en est à sa dix-septième saison et est toujours en production. Vu qu’elle est plutôt destinée à un public jeune et qu’elle est diffusée chaque semaine au Japon nationalement, elle peut rassembler et informer le plus jeune public des nouveautés qu’il va y avoir sur les prochains jeux Pokémon. Par exemple durant la saison de transition entre Pokémon Noir 2 et Blanc 2 et Pokémon X et Y, une dresseuse avec des Pokémon de la nouvelle génération de Pokémon apparaît dans la série et présente ses Pokémon que Sacha (et le spectateur) ne connaît/connaissent pas.

Pour la communication d’après jeu, vu que Pokémon Compagny se refuse de vendre des contenus téléchargeables payant (DLC), elle pourrait inventer une nouvelle manière de jouer. Certains ont remarqué que des endroits de Pokémon avaient l’air d’être des endroits possibles d’être visité. Et vu qu’il y a eu la possibilité de télécharger (gratuitement) un patch pour corriger le bogue et qu’il existe depuis Pokémon X et Y la Banque Pokémon, il sera peut-être possible d’envoyer un Pokémon (par exemple un avec une nouvelle méga-évolution) de Pokémon Rubis Oméga et Saphir Alpha afin de débloquer un endroit spécifique. Pour rendre compatible le nouveau Pokémon ou sa nouvelle méga-évolution, le jeu se connecte à Internet et récupère les informations qu’il a besoin sur le site Internet. Imaginez, 45 € de jeu par deux pour avoir les deux version plus 45 € de jeu également par deux pour les nouveaux Pokémon et enfin 5 € (en réalité 4,99) par an, cela donne 190 € en deux ans. Et ceci sans compter la console de jeux.

Néanmoins les consoles de jeux vidéo se vendent de moins en moins bien au profit des mobiles et des tablettes. Le 17 août 2014, Pokémon Compagny confirme la sortie prochaine d’un jeu Pokémon sur iPad. Néanmoins la firme japonaise affirme que « la stratégie du groupe de ne pas de jeux pour smartphone reste inchangée ». Il est vrai que de plus en plus les tablettes sont de plus en plus utilisées et de plus en plus présentes dans les foyers américains, européens et japonais. Elles sont également plus puissantes que les mobiles, donc plus pratiques pour des jeux plus lourds. De leur côté Nintendo avait connu une forte perte depuis la sortie de la Wii U, ainsi vendre des licences pour des versions tablettes avec en plus une forte communauté de fan, devrait leur permettre d’engendrer un chiffre d’affaires meilleur qu’auparavant.

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Économie, Communication, Société

Hay Day : aidez-le à se faire un maximum de blé

Récemment à la télévision, j’ai vu les publicités pour le jeu de gestion de ferme sur tablette et mobile Hay Day. Tout comme le concurrent FarmVille, le principe du jeu est très simple, il suffit de gérer sa propre ferme. Le jeu est développé par Supercell, le même qui a mis en ligne le jeu Clash of Clans. L’argent virtuel du jeu se divise en deux catégories. Il y a les pièces en or, ce sont les pièces de tous les jours pour acheter du matériel, des animaux et tout le tralala. Puis les diamants qui sont un extra, afin d’avancer plus rapidement dans le jeu.

Comme tout jeu sur tablette ou Facebook, le jeu se joue par étape. Tout n’est pas disponible dès le départ, les items manquants se débloquent au fur et à mesure de la partie en montant de niveau. Tandis que les premiers items coûtent une dizaine ou une centaine de pièce d’or, quand les niveaux augmentent de plus en plus, les items coûtent de plus en plus cher et peuvent atteindre des milliers, voire des dizaines de milliers. Pour avoir un peu d’argent, il est possible de réaliser les commandes des clients virtuels des alentours. Étonnamment, la plupart du temps, ils demandent des produits qui sont disponibles qu’au(x) niveau(x) d’après. Ainsi pour gagner un peu d’argent, il est difficile de le faire grâce aux commandes des clients. Ainsi, pour faciliter accélérer le jeu, il est possible d’améliorer le jeu avec des diamants. Ceux-ci s’obtiennent en réalisant des missions ou en ayant des récompenses. Néanmoins, les missions et les récompenses sont rares. Pour en obtenir plus, il faut payer pour cela. Il est également possible de regarder des publicités durant cinq fois, afin de gagner cinq fois un item pour améliorer sa ferme. Car avec les items, il est possible d’agrandir la grange (où sont stockés les items) et la silo (où sont stockés les récoltes du potager).

Au final, il est possible d’avancer dans le jeu sans utiliser le moindre diamant, mais cela s’avère très difficile. Lorsqu’on achète des diamants ou des pièces ou que l’on regarde une publicité, c’est de l’argent (réel) qui arrive dans les caisses de Supercell. Cela  a du faire son effet, car Hay Day a été lancé en 2012 sur IOS et en 2013 sur Android. Et les publicités télévisuelles sont apparues en 2014. Sans ces publicités, je n’aurai pas fait cet article, moins de personnes auraient sûrement joué au jeu, et moins de revenus dans leur chiffre d’affaires. Tandis que là, avec les publicités, certes cela coûte, mais avec un gain de notoriété, sûrement de nouveaux joueurs, de nouveaux joueurs qui voudront investir de l’argent pour améliorer plus vite leur ferme et donc redonner de leur argent à Supercell. Supercell qui pourra de nouveau faire de la publicité pour asseoir sa notoriété. King et son Candy Crush Saga ont la même optique ; ce sera sûrement pour un prochain article.

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Économie

Le Furet du Nord a flairé le filon

Le Furet du Nord est une librairie créée à Lille en 1936. Ancien magasin de fourrures, Georges Poulard rachète le magasin et le transforme en librairie. Paul Callens, son premier vendeur, passionné de lecture lui rachète en 1950. En 1959, les galeries Barbès quittent la grand-place de Lille. Après l’avoir entendu au café, il rachète la magasin et y place sa librairie. Il met en place les premières dédicaces, un rayon jeunesse et bande dessinée de bonne taille. L’entreprise était également une des premières à mettre le livre en accès libre. Au fur et à mesure l’entreprise prospère et se développe. Ouverture à Maubeuge en 1983, à Tourcoing en 1984, puis d’autres communes de la région Nord-Pas-de-Calais et une à Saint-Quentin ; jusqu’à l’ouverture de la succursale de Dunkerque en 1994.

Pour les ouvertures de succursale, le Furet du Nord a connu un passage à vide entre 1994 et 2009 ; en effet, une seule boutique a ouvert ses portes en 2005 à Roubaix. Celle de 1994 ouverte à Dunkerque a même fermé en l’an 2000. En 2008, celles de Saint-Quentin et de Boulogne-sur-Mer ferment également leurs portes. Là, ce n’est pas à cause de la crise qui touche les libraires mais d’un problème de gestion. En effet, l’entreprise connaît de nombreux changements dont être la société sœur de Virgin Mégastore. En 2008, deux filiales de la caisse régionale du Crédit agricole Nord de France rachètent l’entreprise et change la stratégie commerciale. En 2009-2010, l’entreprise met à jour le site internet et met en place la carte de fidélité. Finis les centres villes, l’entreprise se développe dans les centres commerciaux d’abord ceux du Nord-Pas-de-Calais (Englos, Coquelles) puis s’exporte ensuite en région parisienne : Arcueil (2008), Le Kremlin-Bicêtre (2009), Lieusaint et Tremblay-en-France en 2013 ; et ce à chaque fois dans un centre commercial ouvert dans les années 2010. Le Furet du Nord revient également à Dunkerque, avec la fermeture de Virgin Mégastore, où elle prend son fonds de commerce, non plus en centre-ville mais dans le centre commercial. En parallèle, la même année l’enseigne ferme sa boutique en centre-ville de Maubeuge. En effet, il s’agissait de la plus petite boutique du groupe et celle-ci n’était plus rentable.

Selon ce document de présentation de l’ouverture d’une enseigne à Okabé en région parisienne, le Furet du Nord se présente comme une enseigne cross-canal. Ainsi, elle sépare quatre type de boutiques : le vaisseau-amiral de Lille ; les boutiques leaders situées dans les centre commerciaux, avec plus de 1 000 m² de linéaire, les boutiques de centre-ville de moins de 1 000 m² et les petites librairies de moins de 500 m². Avec la fermeture de la boutique de Maubeuge, celle de Douai devient la plus petite et la seule du canal librairie/papeterie. Vu que tout comme Maubeuge, le centre-ville de Douai est peu attractif. Les habitants préfèrent aller aux centres commerciaux comprenant un Auchan de Noyelles-Godault, de Sin-le-Noble et à celui comprenant un Carrefour à Flers-en-Escrebieux. De plus, le centre commercial de Noyelles-Godault est en passe de s’agrandir à la suite d’un avis favorable de la Commission nationale d’aménagement commercial et l’Auchan est selon le magazine Linéaires en 2012 le septième hypermarché de France en chiffre d’affaires. À proximité, seul un Cultura se situe dans la zone commercial. Aucune librairie n’est dans le centre commercial ; seul Auchan vend des livres. Le Furet du Nord de Douai a donc intérêt à compter ses jours.

Selon le premier tome de la Saga de marques de mai 2012, le Furet du Nord obtient une notoriété de 92 %  chez les habitants de la région Nord-Pas-de-Calais et une « bonne opinion » de 96 %. Selon un article en ligne du magazine LSA Conso, le Furet du Nord a 98 %  de taux de notoriété spontanée. Si bien que les Lillois lorsqu’ils se donnent rendez-vous se disent souvent « rendez-vous devant le Furet » ; la Déesse, juste à côté, peut aller se rhabiller. Le Furet du Nord est donc devenue une chaîne de librairie, dite régionale, qui tente de se donner un nouveau souffle, en s’emparant de nouvelles zones de chalandises.

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Politique, Société

Kamoulox territoriale : quand une réforme devient un jeu

1790, la France est découpée en 83 départements ; finies les provinces historiques. Fini les noms faisant part de l’histoire de la France, on nomme les départements par rapport aux fleuves, aux montagnes et aux paysages. L’Oise est traversée par l’Oise, les Bouches-du-Rhône sont les embouchures du Rhône, le Finistère est la fin de la terre. Au fil des années, durant la révolution française et les conquêtes napoléoniennes, la France gagne des territoires. Dans l’actuelle Belgique, par exemple, la province de Flandre-Occidentale devient le département de la Lys, dans l’actuelle Espagne, la Catalogne est divisée en quatre départements : Sèvre, Ter, Bouches-de-l’Èbre et Monserrat, dans l’actuelle Italie, il y avait les départements du Tibre, d’Arno et de la Méditerranée entre autre, enfin dans les actuels Pays-Bas, il y avait entre autre les Bouches-du-Rhin, la Meuse Inférieure, puis dans l’actuelle Allemagne, il y avait les Bouches-de-l’Elbe. Ainsi, on remarque que les noms identitaires ont ainsi disparus pour donner des noms sur la géographie locale, afin sûrement de fédérer vers la France et non sur les anciennes provinces.

1982, Gaston Defferre créé les régions. Après de nombreuses possibilités, c’est le découpage à vingt-deux régions qui est choisi. En 1948, les Inspecteurs généraux de l’administration en mission extraordinaire avaient proposé un découpage en treize régions, appelées à l’époque les igamies. À y regarder de plus près, ce découpage ressemble, mais pas totalement, au découpage proposé par le gouvernement Ayrault, vu que ce dernier ne souhaite pas découper les régions actuelles. En effet, le président de la République de l’époque Nicolas Sarkozy a demandé « d’étudier les mesures propres à simplifier les structures des collectivités locales, à clarifier la répartition de leurs compétences et à permettre une meilleure allocation de leurs moyens financiers, et de formuler toute autre recommandation qu’il jugera utile ». Pour cela, il a fait appel à l’ancien premier ministre Édouard Balladur qui préconise de diminuer le nombre de région pour qu’ils aient une « taille européenne ». Les onze grandes villes (de province), Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon et Rennes sont retenues comme « métropoles ». De nombreuses voix s’élèvent, de la part des opposants, ceci se plaignent que du fait que les départements et les régions sont majoritairement à gauche, Sarkozy souhaite diminuer leur nombre.

2012, François Hollande devient président de la République française. Avec un détricotage de la présidence de Sarkozy, dont la fin également du conseiller territorial, remplaçant le conseiller général et régional. En 2014, coup de revers, François Hollande souhaite en diminuer le nombre. « Le temps est venu de donner une forme nouvelle à cette ambition. Parce que notre organisation territoriale a vieilli et que les strates se sont accumulées. […] Pour les renforcer, je propose donc de ramener leur nombre de 22 à 14. Elles seront ainsi de taille européenne et capables de bâtir des stratégies territoriales. […] L’objectif doit être une révision constitutionnelle prévoyant la suppression du conseil général en 2020. » Cela ne te rappelle rien ? Pour justifier leur mécontentement, certaines voix toujours du même bord politique se sont élevés. Martine Aubry a ainsi dit : « On n’est pas en train de faire du Monopoly ou jouer à Sim’s City. On touche aux origines de chacun ».

Personnellement, on peut se demander de quelles origines elle parle. À Lille, elle est Lilloise, Flamande, Nordiste, Nord-Pas-de-Calaisienne, Française, Néerlandaise, Espagnole ou Bourguignonne ? Et je ne remonte pas jusque la Gaule belgique. Personnellement les origines d’un Lillois, ce n’est pas le Nord-Pas-de-Calais (souviens-toi qu’il a 31 ans). Si la France avait conservé les départements de l’Escault ou de la Lys, ceux-ci auraient pu être rassemblés sous un nom de région comme Flandre. Et le Pas-de-Calais avec la Somme et l’Aisne. Parce que rappelons pour certains qui l’auraient oublié, comme je peux le lire en commentaire, sur Facebook. Pour eux, « il ne faut pas mélanger les Picards et les Nordistes », ils font à l’absurde en écrivant « Et pourquoi pas fusionner avec le PACA ». Souviens-toi Boulogne-sur-Mer est à l’origine picarde. Ainsi pour ma part, il ne faudrait pas découper par région ou par département, mais bien par arrondissement, voire encore plus fin. Car pour l’Oise, elle n’est pas proche de Lille, mais de Paris, pareil pour Château-Thierry qui sont de l’historique Île-de-France. Ainsi pour ma part, quelque chose qui me semblerait logique, ce serait de regrouper sous la « métropole » lilloise, l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et Lille Métropole Communauté urbaine. Exit les départements, exit la pseudo limite départementale sans aucun intérêt. Cette métropole urbanisée de plus de deux millions d’habitants n’aurait plus besoin du département qui est souvent dite comme pour les communes rurales et pourra se développer sur le secteur tertiaire. Les autres communautés urbaines des anciens départements pourraient se nouer ensemble. Par exemple, un département Côte d’Opale sur la façade maritime et un autre Artois-Hainaut sur grosso modo d’Arras à Maubeuge. Le premier serait plutôt sur l’économie maritime, le second sur l’agriculture. Voire même que ces départements s’étale sur l’actuelle Picardie. Et je pense que cela peut se décliner pour d’autres grandes communes. Être en paix ne signifie pas immobilisme et l’histoire est vivante. On est au XXIe siècle, avant les départements, il y avait autre chose ; mais on apprend pas à l’école l’histoire des administrations territoriales.

Pour la fusion des régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, plusieurs maires UMP et UDI du Nord-Pas-de-Calais souhaitent nommer la nouvelle entité : « Hauts de France ».  Même si le nom leur est louable, la nouvelle région sera bien en haut de la France. Il y a un côté valorisant en disant que la région est en haut, ce qui pourrait sous-entendre en hauteur, donc les premiers. Ils assurent que « la région des « Hauts de France » sera ainsi un véritable trait d’union entre l’Europe du Nord et le Grand Paris. Irriguée économiquement par le plus grand canal fluvial d’Europe, elle tiendra le premier rôle national, voire européen, dans les domaines de la mobilité, de l’innovation technologique, de l’agro-alimentaire, ou encore de la mutation durable ». Il est néanmoins dommage de se passer des noms historiques, qui peuvent être rassembleur. Ce que prouve un sondage du DailyNord, où le nom « Flandre(s)-Artois-Picardie » est en tête avec 350 votes, soit 24 % contre 5 % pour « Hauts de France ». Personnellement, j’ai voté « Belgique méridionale / Basse Belgique », pour l’histoire commune qu’on a avec la Belgique et les Pays-Bas, même si j’aurai préféré Belgique française. Ceci étant gare à la confusion.

Et dire que ceci n’est que pour un seul rapprochement…

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