Société

Libre de penser comme les autres (exclusivement)

Depuis quelques années, on nous parle de plus en plus de la liberté d’expression avec Je suis Charlie et Charlie Hebdo, mais pour ma part, je n’ai jamais vu une liberté d’expression autant verrouillée. En effet, il faut avoir une pensée soit disant bien pensante pour ne pas être taxé de toutes les injures possibles et inimaginables (même si on a vu il y a peu qu’on peut être appelé « raciste » juste pour une opinion différente ou gratuitement).

Je ne vais pas me la jouer Pierre Desproges en disant : « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». Mais lorsqu’on est un humoriste reconnu, il est difficile de ne toucher que la partie que l’on souhaite faire rire. Ainsi, quand on s’appelle Patrick Timsit ou Anne Roumanoff, il ne faut pas choquer. Patrick Timsit a eu un procès pour une blague sur la trisomie ; Anne Roumanoff fait un sketch en imitant (ou en tentant d’imiter) l’accent antillais de Christiane Taubira, elle est rapidement classée en raciste. Encore plus proche, n’oublions pas Patrick Sébastien : « Une petit pipe avant d’aller dormir ». Le présentateur joue de l’homonymie de la pipe à fumer et de la chose. C’est comme si quelqu’un avait chanté « Toucher la chatte à la voisine » ; bref, je vous épargne les explications.

Il ne faut donc pas penser du mal de l’homophobie, du racisme, du handicap, des femmes. Il ne faudrait pas froisser ces populations qui ont été souvent considérées comme inférieures (même si de nos jours, on tente de réduire ces écarts). Je sens qu’on va me faire la reproche, comme je l’ai déjà lu (même si ça ne m’était pas adressé), j’ai la « chance » d’être un « mâle hétéro, blanc et valide ». On ne peut pas être plus « parfait » que moi, vous comprenez. Si vous comprenez, moi pas.

Ainsi, je trouve que l’on était plus libre de penser dans les années 1990. Lors d’un entretien pour leur retour, les Inconnus avaient été interrogés sur leurs sketchs. Ils ont dit que certains passeraient mal de nos jours. Pourquoi ? Les sketchs sont toujours les mêmes ; la mentalité a juste changé. Bonne ou mauvaise chose ? Allons-nous vers la pensée unique ? J’en ai bien peur. De plus en plus, je vois des gens qui en se croyant supérieurs tentent d’influencer en disant que lorsqu’on ne pense pas comme eux, on pense mal.

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Société

La banalité du mot « racisme »

Une fois dans Habbo Hôtel, la personne avec qui on s’engueulait commence à nous insulter et nous dit « vous êtes racistes ». Sans demander son reste, je lui demande d’où on a été raciste du fait que sur un site comme celui-ci on ne peut pas savoir qui se cache derrière un personnage. Il n’a pas su trouver des arguments. Ainsi, le racisme devient une banalité. Dès qu’on n’est pas d’accord avec quelqu’un qui a une couleur de peau différente de la nôtre, c’est qu’on est raciste.

Quand Gérard Darmanin a dit que les propos de Christiane Taubira sont un tract pour le FN, un journaliste lui a demandé s’il était raciste. Il lui a répondu que c’est le journaliste qui est raciste à poser cette question. En effet que ça soit Pierre, Paul ou Christiane, le fait de dire que ses propos encouragent le FN n’a aucun rapport avec la couleur de peau de la personne. Dernier exemple, une amie m’a dit une fois qu’un Maghrébin l’avait accosté dans la rue pour lui demander une fellation. Cette dernière déjà choquée refuse. Le mec lui a répondu qu’elle était raciste. En effet, ça aurait été une personne d’une autre couleur qui lui aurait demandé, elle lui aurait fait une pipe sans broncher.

Je ne veux stigmatiser personne mais à force d’entendre ce genre de propos, on est en droit de se poser des questions. Pourquoi lorsqu’on dit « sale noir », c’est raciste ; tandis que « sale gros », ce n’est pas discriminant, voire c’est banal, normal ? Pourtant être gros, c’est aussi une caractéristique de la personne. Ainsi on banalise un terme qui au départ avait un sens.

Être raciste, c’est penser que une race est supérieure à l’autre ; c’est l’Apartheid, c’est le néo-nazisme. C’est pas dire à une personne de couleur qu’on ne l’aime pas. J’aime pas mon voisin qu’il soit blanc ou noir, je l’aime pas. Ce n’est aucunement du racisme. Juste de la stupidité. Et celui qui dit que l’autre est raciste car il ne l’aime pas doit être plus raciste que le premier.

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Politique

Qu’est-ce que le sarkozysme ?

Aujourd’hui au Touquet-Paris-Plage, Le Campus des Jeunes de l’UMP se déroule. Daniel Fasquelle, maire de la commune, a invité l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, à ce campus. Souvent décrié en tant que président, attendu depuis sa défaite en 2012 comme l’homme providence, Nicolas Sarkozy a souvent été montré du doigt pour le sarkozysme. Mais qu’est-ce que ça pourrait être comme courant de pensée politique ou comme idéologie ?

Selon Thomas Clay, professeur agrégé de droit privé, auteur de l’ouvrage Les lois du sarkozysme, explique que le sarkozysme est « une pensée politique parfaitement structurée, qui s’est acharnée à insuffler de nouvelles valeurs à notre pays ». Selon Jacques Marseille, économiste, ou Alain Duhamel, journaliste, le sarkozysme est un bonapartisme moderne. Pour Jean-Louis Bourlangues, député européen UDF, le sarkozysme est « un libéralisme d’inspiration anglo-américaine, sorte de thatchérisme modéré ou de blairisme à la française ; un gaullo-chiraquisme d’inspiration clairement jacobine, qui repose sur l’exaltation d’un État providentiel, dispendieux et tout-puissant ».

Tout comme Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy ne croit pas au clivage gauche/droite. La preuve en est l’« ouverture » avec l’entrée au gouvernement de personnalité « de gauche » comme Éric Besson, Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel. De personnes plutôt proche du centre comme Hervé Morin, Michel Mercier, Valérie Létard, Anne-Marie Idrac, François Sauvadet et Maurice Leroy. Ou enfin des personnes sans étiquette politique comme François Mitterrand ou Fadela Amara. Nicolas Sarkozy se déclare lui-même en rupture avec l’ancien premier Président de la Cinquième République en disant : « De Gaulle a été l’homme de toutes les ruptures parce qu’il a toujours refusé la continuité, les conformismes, l’habitude, les situations acquises. […] Je refuse la répétition d’un passé qui ne serait plus accordé avec le monde d’aujourd’hui. Je veux rompre avec une certaine façon de faire de la politique. Je veux créer une nouvelle relation avec les Français ». Finalement « ensemble tout devient possible ».

Tout comme Napoléon Bonaparte, Nicolas Sarkozy souhaite une patrie grande et puissante ; c’est la « France forte ». Comme nous sommes en temps de paix, il n’est plus possible d’envahir à la manière de Napoléon Ier ses pays voisins ; il faut donc ruser pour les « envahir ». L’Union européenne et l’amitié franco-allemande permettent de grignoter un peu de ses voisins.  En mettant un « chef d’état » à la tête d’un regroupement franco-allemand ou de l’Union européenne, cela pourrait permettre de grandir (virtuellement) le pays. Ainsi Sarkozy a déclaré : « Aussi, je plaide clairement pour la création d’une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au cœur de la zone euro qui nous permettra d’abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux et qui nous permettra ensuite de prendre le leadership des dix-huit pays qui composent notre union monétaire ». Même monnaie, même fiscalité ; en somme, même pays. On peut se dire que la France peut se faire « avaler » par l’Allemagne, mais comme une guerre, on peut gagner comme perdre. Il lui prend aussi le culte de la personnalité. Contraiement aux siècles précédent, au XXIe siècle, il est plus facile de communiquer. Peindre des statues, faire des tableaux et autres bibelots ne sont plus vraiment d’actualité. Il faut être constamment à la Une de la presse ou apparaître dans les journaux télévisés. D’où le surnom de l’hyperprésident : toujours présent. Et depuis qu’il s’est mis à l’écart, il est toujours présent.

Tout comme les libéralistes, Nicolas Sarkozy souhaite que l’État assure les fonctions dites « régaliennes » de police, de justice et de défense. C’est qu’ainsi est née la diminution des professeurs : « un professeur sur deux ne sera pas remplacé », de conseillers territoriales (fusion des régions et des départements et diminution du nombre de régions), de personnel administratif (fusion de l’ANPE et de l’Assedic n’était pas forcément en faveur de la simplification d’accès entre la paye et la recherche d’emploi, réforme territoriale). En 1999, lors d’un débat opposant Nicolas Sarkozy à François Hollande, François Bayrou et Robert Hue, ce dernier déclare à son propos : « Son obsession, c’est les services publics. Il veut réduire les services publics. Vous voulez réduire sensiblement le poids des services publics dans ce pays. » Ce que Sarkozy nie en bloc.

Ainsi pour ma part, le sarkozysme est un mélange entre le gaullisme (de De Gaulle) et le bonapartisme (de Napoléon Bonaparte), le tout accompagné de libéralisme. Dernièrement, l’homme est souhaité par 69 % des sympathisants pour diriger le parti. Il représente donc un fort pourcentage des sympathisants du parti de la droite française.

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