Politique

La folle semaine politique

Cette semaine du lundi 15 septembre 2014 a été forte en rebondissement dans la politique française.

Mardi : Manuel Valls demande le vote de confiance à l’Assemblée nationale. Après avoir obtenu 307 voix « Pour » lors de sa premier vote de confiance en tant que premier ministre, Manuel Valls obtient 269 voix « Pour » pour le second. Ce résultat fait tomber deux records : celui du plus faible nombre de voix favorables et celui du plus faible proportion de voix favorables par rapport au nombre de sièges pourvus. En effet, il obtient 46,62 % du total des voix. Les 31 frondeurs du Parti socialiste et les écologistes, trop attachés à leur poste, n’ont pas voté « Pour » ni « Contre », mais se sont abstenus. Je comprends qu’on ne veut pas faire tomber l’homme avec qui ont s’est affiché durant les campagnes législatives, mais si la directive affichée n’est pas la nôtre, pourquoi la suivre ? Ceci étant, ça a toujours été la manière de gagner de la gauche. Cela rassemble des gens de différents horizons de gauche, la gauche plurielle, et on fait monter une personne. Alors qu’à part être de gauche, ils n’ont aucun point commun et peuvent affaiblir ou ralentir ce pour quoi ils sont élus.

Jeudi : François Hollande face aux journalistes. Après avoir dit qu’il est social-démocrate, lors de la conférence de presse précédente, François Hollande renouvelle avec sa promesse de campagne. Il n’y a pas vraiment eu d’annonce choc à ce qu’on pouvait s’attendre d’un Président de la République française. Rien pour relancer l’économie. Il a expliqué pourquoi il part faire la guerre en Irak, pourquoi Thévenoud n’est pas resté à son poste, ce qu’il se serait passé si Manuel Valls n’avait pas eu la confiance à l’Assemblée nationale, de sa non-candidature pour 2017, du possible retour de Nicolas Sarkozy. Ainsi, il a martelé qu’il fera « ce mandat pleinement, complètement sans me préoccuper même de ma popularité qui est dans l’état que vous connaissez, parce que ce n’est pas mon objectif ». Pas facile d’être président, le plus simple était de critiquer à tout va le précédent gouvernement, si bien qu’il en reprend la suite.

Vendredi : Nicolas Sarkozy revient en politique pour briguer la présidence de l’UMP. Dans une longue tribune sur un réseau social, Nicolas Sarkozy revient pour être « candidat à la présidence de ma famille politique ». Avec, au moment où j’écris, 963 248 « mentions J’aime », l’homme est mieux doté que le président actuel François Hollande (496 803) ou que Marine Le Pen (462 454). Bien sûr, je pourrais également parler de Jean-Luc Mélanchon (187k), de François Bayrou (38k) ou Eva Joly (39k) et des autres qui sont hors de la « famille politique » de Nicolas Sarkozy. L’homme fera « avec le souci du plus large rassemblement, la volonté d’apaiser les tensions, et en même temps de susciter l’intérêt passionné de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à l’abaissement de la France. » À aucun moment Nicolas Sarkozy ne parle de l’UMP. Souhaite-t-il en changer le nom pour ce « vaste rassemblement qui s’adressera à tous » et pour bâtir cette « alternative crédible » ?

Ainsi comme je l’ai dit dans un commentaire sur le site Internet de BFM TV : « Le clivage gauche/droite est une notion de politique archaïque en France. Comment cela se fait que François Hollande fasse le programme de Nicolas Sarkozy ? Le social-libéralisme n’est ni de gauche, ni de droite, ni du centre. Ainsi, il faut « vaste rassemblement qui s’adressera à tous ». ». Car au final, cela ne nous intéresse pas de savoir si la personnalité soit de gauche ou de droite, ce qu’il nous intéresse c’est que la France regagne de la croissance. Et ce que Moody’s attend en conservant la note aa1 de la France. Au final, gauche comme droite « aiment la France ».

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Remaniement : la valse du gouvernement Valls

Ce lundi 25 août 2014, au matin, un coup de théâtre a lieu au sein du gouvernement : le premier ministre Manuel Valls en déclare la démission. Normalement, l’homme est reconduit dans sa même fonction.

Pour le reste, c’est un peu plus hasardeux. Hamon et Montebourg ont tiré à boulets rouges sur le gouvernement en mettant en cause la direction ; ils sont contre le non-changement de cap du président de la République et du premier ministre. D’autres comme Taubira s’étaient fait remarquer durant le gouvernement Ayrault et ont finalement été conservés. Filippetti n’est pas candidate à sa propre succession en expliquant choisir « la loyauté à [s]es idéaux ». Maintenant que le président de la République François Hollande est célibataire et n’a plus comme compagne Trierwieler, il pourra conserver son ancienne compagne Ségolène Royal en tant que ministre. Il devrait sûrement garder son autre ami de la promotion Voltaire à l’ENA, Michel Sapin. Même incompétents, autant garder proche ses amis. Ce sont les ministres qui ont été le plus entendu, d’autres comme Fabius ou Touraine ont été plus silencieux.

Du fait de la parité, le gouvernement devra être composé à moitié d’hommes et à moitié de femmes (même s’ils sont incompétents hommes comme femmes). Ainsi, si le nombre de frondeurs est trop nombreux d’un côté, il sera obligé de trouver du sang neuf ou alors encore plus réduire son nombre de ministres. Rappelons que les gouvernements Ayrault ont été composés de 19 femmes et 19 hommes, soit 38 ministres ; le (premier) gouvernement Valls de seize ministres (huit-huit). Vont-ils encore réduire ? Est-ce encore possible ? Ainsi, va-t-il chercher les vieux éléphants, je pense en particulier à Delanoé ou Aubry, ou alors faire appel à des « jeunes » trentenaires ou quarantenaires, plutôt connus dans leurs circonscriptions locales, mais soutenant Hollande ?

Ensuite, il restera l’Assemblée à convaincre. Les frondeurs socialistes avaient déjà été lors de la première nomination de Valls très en colère. Il avait quand même eu 307 voix pour, 237 contre et 26 abstentions. Tu parles de frondeurs ? Ils ont plutôt envie de garder leur poste. Imagine, si Valls n’est pas reconduit car l’Assemblée ne donne pas sa confiance. Hollande sera soit obligé de modifier son gouvernement, soit dissoudre l’Assemblée. Et s’il dissout l’Assemblée, vu la côte de popularité du gouvernement, de la gauche et d’Hollande, et vu également les défaites pour les élections municipales et européennes, l’Assemblée risque de se bleuir et là, le gouvernement devra être de droite. Ce serait une première cohabitation depuis le passage du septennat au quinquennat du Président de la République.

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