Politique

Pour mon département, je vote (normalement)

Aujourd’hui, j’ai reçu un tract du PCF pour les élections départementales de cette fin de mois. À la lecture de leur tract, je comprends qu’un jeune sur deux ne connaisse pas la date des prochaines élections. En effet, ils listent toutes les aides possibles et inimaginables, mais aucun n’est pour les jeunes actifs. Pour ma part, l’État n’est pas un camarade qu’on vient taper sur l’épaule pour lui demander de l’argent. Ils parlent ensuite de ce que le département s’occupe : les routes, les transports scolaires, la culture, le sport, le monde associatif. Donc, revenons avec mon jeune actif, comme moi qui prend le train et qui ne s’intéresse pas au monde associatif ; il lui reste quoi ? Les yeux pour pleurer ? Non, la culture et le sport (en fait, le sport, je pense plutôt que c’est les événements sportifs, je ne pense pas qu’ils aident les clubs de sport). Ainsi pourquoi voter pour quelque chose qui ne me concerne pas du tout ? L’économie, l’emploi, le travail, chez les communistes, ça n’existe pas !

Ensuite le binôme homme/femme est de quel intérêt ? La parité ? Faut-il forcément un homme et une femme pour diriger un canton ? Pourquoi pas un blanc et un de couleur, un valide et un handicapé, ou un chauve et un barbu ? Quel est la nécessité de diminuer le nombre de canton de moitié pour doubler le nombre de conseiller ? Ainsi tout ça pour discuter des aides distribués par le département.

Dans le cadre de mes recherches pour améliorer Wikipédia, je suis parfois amené à lire les délibérations des conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, d’il y a parfois cent ans. Il n’y a rien à voir avec ce que le PCF nous vend. Soit, le département a bien changé, soit ils veulent nous vendre ce qu’ils ont envie. C’était encore le temps, où la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) n’existait pas encore et que la Compagnie des chemins de fer du Nord (CCFN). En effet, le département était le lien entre la ville (grâce au canton) et l’État. Quand la ville avait besoin de faire une modification (obtenir une gare sur son terrain, modifier une porte de ville, etc), elle faisait appel au département qui avançait ou non sa requête. Ça ne se limitait pas à de l’aide pour certaines catégories de population ; car il y a de moins en moins de demande. Si bien qu’à Lyon, les habitants n’ont même plus de département.

Soit on refait des départements plus actuels, soit on les supprime ; mais comme ils sont actuellement, ils ne servent à rien. Donc pourquoi voter pour une élection sans enjeux (sauf pour les impôts) ?

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Nicolas Sarkozy : retour en cinq actes

À la suite de l’affaire Bygmalion, François Copé démissionne de la présidence de l’UMP, qu’il avait gagné face à François Fillon lors d’un duel acharné, fin 2012. L’homme a été remplacé par un triumvirat d’anciens premiers ministres de droite : Juppé, Raffarin et Fillon.

Acte 1. Le vendredi 19 septembre 2014, Nicolas Sarkozy poste d’abord sur Facebook une tribune expliquant son retour sur sa page personnelle. L’homme explique être « candidat à la présidence de ma famille politique » car il « aime trop la France » et souhaite « construire une alternative crédible ». En ce jeudi 25 septembre 2014, le commentaire est aimé par 102 841 personnes et a été partagé par 20 631 personnes. Lors de mon dernier commentaire sur lui dans La folle semaine politique, j’annonçais qu’il avait 963 248 fans, en ce même jour, l’homme en a 985 995 ; soit une hausse de 22 000 personnes en six jours.

Acte 2. Nicolas Sarkozy, dans l’édition du 21 septembre du Journal du Dimanche, explique sa position. Comme je l’avais déjà dit dans mon dernier article, il explique que s’il est élu président de l’UMP, il va « changer le nom du parti, mettre en place une nouvelle organisation, installer une relève et faire revenir adhérents et donateurs pour redresser les comptes. »

Acte 3. L’ancien président était l’invité spécial de Laurent Delahousse au journal télévisé du 21 septembre de France 2. Dans un entretien de 48 minutes, Nicolas Sarkozy explique point par point pourquoi il revient et ce qu’il souhaite faire du parti, s’il en est à sa tête. Une nouvelle fois, il affirme sa position à vouloir « créer les conditions d’une alternative crédible bien au-delà des clivages habituels qui n’ont plus aucun sens ». Le journal télévisé a attiré 8,5 millions de téléspectateurs, soit 31,8 % de part de marché (entre 30 % et 50 % en plus qu’à l’habitude).

Acte 4. Nicolas Sarkozy se rend dans une salle de sport de Lambersart, afin de faire son premier meeting, hier, ce jeudi 25 septembre 2014. Selon le maire de la commune et ancien ministre, Marc-Philippe Daubresse, le meeting s’y fait là car « on est à quelques kilomètres de la maison natale de Charles de Gaulle et à quelques mètres du parc Jean-Louis-Borloo ». On peut également pensé qu’à côté de la commune, il y a Roubaix et Tourcoing, deux communes passées à l’UMP depuis les élections municipales. De plus, le maire de Tourcoing, Gérald Darmanin devient son porte-parole pour la présidence de l’UMP. Il est également proche Lille et donc de Martine Aubry.  Il explique également sa démarche. L’homme attire deux mille personnes dans la salle et quasiment autant en dehors.

Acte 5. Les 29 novembre et 6 décembre prochain, les militants vont voter pour la primaire de l’UMP. Pour l’instant seuls Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton sont candidats à la présidence de l’UMP. Bruno Le Maire est très populaire, il arrive à une popularité de 31-36 %, en fonction des sondages. Il obtient même la meilleure popularité chez les agriculteurs, avec un indice de popularité (différence entre les bonnes et les mauvaises opinions) à 42 contre 24 pour Nicolas Sarkozy. Les résultats risquent d’être serrés entre les deux hommes.

Le plus souvent ce sont les tragédies qui se jouent en cinq actes. À chaque fois, Nicolas Sarkozy explique son retour de manière différente : réseau sociaux, presse nationale, journal télévisé et meeting. Et à chaque fois, les journaux télévisés en continu (au moins BFM TV) en ont parlé, contrairement à Bruno Le Maire et Hervé Mariton. Cependant, ce n’est pas tous les Français qu’il faut convaincre pour la présidence de l’UMP, mais bien uniquement son parti. Cependant la communication est bien rodée, il a su toucher les Français par tous les moyens de communication possible : télé, internet, face-à-face, presse écrite. Et sauf pour le JDD, où je n’ai pas les chiffres, il a su faire à chaque fois mieux qu’à l’habitude. Cependant l’homme saura-t-il réellement rassembler ?

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Kamoulox territoriale : quand une réforme devient un jeu

1790, la France est découpée en 83 départements ; finies les provinces historiques. Fini les noms faisant part de l’histoire de la France, on nomme les départements par rapport aux fleuves, aux montagnes et aux paysages. L’Oise est traversée par l’Oise, les Bouches-du-Rhône sont les embouchures du Rhône, le Finistère est la fin de la terre. Au fil des années, durant la révolution française et les conquêtes napoléoniennes, la France gagne des territoires. Dans l’actuelle Belgique, par exemple, la province de Flandre-Occidentale devient le département de la Lys, dans l’actuelle Espagne, la Catalogne est divisée en quatre départements : Sèvre, Ter, Bouches-de-l’Èbre et Monserrat, dans l’actuelle Italie, il y avait les départements du Tibre, d’Arno et de la Méditerranée entre autre, enfin dans les actuels Pays-Bas, il y avait entre autre les Bouches-du-Rhin, la Meuse Inférieure, puis dans l’actuelle Allemagne, il y avait les Bouches-de-l’Elbe. Ainsi, on remarque que les noms identitaires ont ainsi disparus pour donner des noms sur la géographie locale, afin sûrement de fédérer vers la France et non sur les anciennes provinces.

1982, Gaston Defferre créé les régions. Après de nombreuses possibilités, c’est le découpage à vingt-deux régions qui est choisi. En 1948, les Inspecteurs généraux de l’administration en mission extraordinaire avaient proposé un découpage en treize régions, appelées à l’époque les igamies. À y regarder de plus près, ce découpage ressemble, mais pas totalement, au découpage proposé par le gouvernement Ayrault, vu que ce dernier ne souhaite pas découper les régions actuelles. En effet, le président de la République de l’époque Nicolas Sarkozy a demandé « d’étudier les mesures propres à simplifier les structures des collectivités locales, à clarifier la répartition de leurs compétences et à permettre une meilleure allocation de leurs moyens financiers, et de formuler toute autre recommandation qu’il jugera utile ». Pour cela, il a fait appel à l’ancien premier ministre Édouard Balladur qui préconise de diminuer le nombre de région pour qu’ils aient une « taille européenne ». Les onze grandes villes (de province), Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon et Rennes sont retenues comme « métropoles ». De nombreuses voix s’élèvent, de la part des opposants, ceci se plaignent que du fait que les départements et les régions sont majoritairement à gauche, Sarkozy souhaite diminuer leur nombre.

2012, François Hollande devient président de la République française. Avec un détricotage de la présidence de Sarkozy, dont la fin également du conseiller territorial, remplaçant le conseiller général et régional. En 2014, coup de revers, François Hollande souhaite en diminuer le nombre. « Le temps est venu de donner une forme nouvelle à cette ambition. Parce que notre organisation territoriale a vieilli et que les strates se sont accumulées. […] Pour les renforcer, je propose donc de ramener leur nombre de 22 à 14. Elles seront ainsi de taille européenne et capables de bâtir des stratégies territoriales. […] L’objectif doit être une révision constitutionnelle prévoyant la suppression du conseil général en 2020. » Cela ne te rappelle rien ? Pour justifier leur mécontentement, certaines voix toujours du même bord politique se sont élevés. Martine Aubry a ainsi dit : « On n’est pas en train de faire du Monopoly ou jouer à Sim’s City. On touche aux origines de chacun ».

Personnellement, on peut se demander de quelles origines elle parle. À Lille, elle est Lilloise, Flamande, Nordiste, Nord-Pas-de-Calaisienne, Française, Néerlandaise, Espagnole ou Bourguignonne ? Et je ne remonte pas jusque la Gaule belgique. Personnellement les origines d’un Lillois, ce n’est pas le Nord-Pas-de-Calais (souviens-toi qu’il a 31 ans). Si la France avait conservé les départements de l’Escault ou de la Lys, ceux-ci auraient pu être rassemblés sous un nom de région comme Flandre. Et le Pas-de-Calais avec la Somme et l’Aisne. Parce que rappelons pour certains qui l’auraient oublié, comme je peux le lire en commentaire, sur Facebook. Pour eux, « il ne faut pas mélanger les Picards et les Nordistes », ils font à l’absurde en écrivant « Et pourquoi pas fusionner avec le PACA ». Souviens-toi Boulogne-sur-Mer est à l’origine picarde. Ainsi pour ma part, il ne faudrait pas découper par région ou par département, mais bien par arrondissement, voire encore plus fin. Car pour l’Oise, elle n’est pas proche de Lille, mais de Paris, pareil pour Château-Thierry qui sont de l’historique Île-de-France. Ainsi pour ma part, quelque chose qui me semblerait logique, ce serait de regrouper sous la « métropole » lilloise, l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et Lille Métropole Communauté urbaine. Exit les départements, exit la pseudo limite départementale sans aucun intérêt. Cette métropole urbanisée de plus de deux millions d’habitants n’aurait plus besoin du département qui est souvent dite comme pour les communes rurales et pourra se développer sur le secteur tertiaire. Les autres communautés urbaines des anciens départements pourraient se nouer ensemble. Par exemple, un département Côte d’Opale sur la façade maritime et un autre Artois-Hainaut sur grosso modo d’Arras à Maubeuge. Le premier serait plutôt sur l’économie maritime, le second sur l’agriculture. Voire même que ces départements s’étale sur l’actuelle Picardie. Et je pense que cela peut se décliner pour d’autres grandes communes. Être en paix ne signifie pas immobilisme et l’histoire est vivante. On est au XXIe siècle, avant les départements, il y avait autre chose ; mais on apprend pas à l’école l’histoire des administrations territoriales.

Pour la fusion des régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, plusieurs maires UMP et UDI du Nord-Pas-de-Calais souhaitent nommer la nouvelle entité : « Hauts de France ».  Même si le nom leur est louable, la nouvelle région sera bien en haut de la France. Il y a un côté valorisant en disant que la région est en haut, ce qui pourrait sous-entendre en hauteur, donc les premiers. Ils assurent que « la région des « Hauts de France » sera ainsi un véritable trait d’union entre l’Europe du Nord et le Grand Paris. Irriguée économiquement par le plus grand canal fluvial d’Europe, elle tiendra le premier rôle national, voire européen, dans les domaines de la mobilité, de l’innovation technologique, de l’agro-alimentaire, ou encore de la mutation durable ». Il est néanmoins dommage de se passer des noms historiques, qui peuvent être rassembleur. Ce que prouve un sondage du DailyNord, où le nom « Flandre(s)-Artois-Picardie » est en tête avec 350 votes, soit 24 % contre 5 % pour « Hauts de France ». Personnellement, j’ai voté « Belgique méridionale / Basse Belgique », pour l’histoire commune qu’on a avec la Belgique et les Pays-Bas, même si j’aurai préféré Belgique française. Ceci étant gare à la confusion.

Et dire que ceci n’est que pour un seul rapprochement…

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La folle semaine politique

Cette semaine du lundi 15 septembre 2014 a été forte en rebondissement dans la politique française.

Mardi : Manuel Valls demande le vote de confiance à l’Assemblée nationale. Après avoir obtenu 307 voix « Pour » lors de sa premier vote de confiance en tant que premier ministre, Manuel Valls obtient 269 voix « Pour » pour le second. Ce résultat fait tomber deux records : celui du plus faible nombre de voix favorables et celui du plus faible proportion de voix favorables par rapport au nombre de sièges pourvus. En effet, il obtient 46,62 % du total des voix. Les 31 frondeurs du Parti socialiste et les écologistes, trop attachés à leur poste, n’ont pas voté « Pour » ni « Contre », mais se sont abstenus. Je comprends qu’on ne veut pas faire tomber l’homme avec qui ont s’est affiché durant les campagnes législatives, mais si la directive affichée n’est pas la nôtre, pourquoi la suivre ? Ceci étant, ça a toujours été la manière de gagner de la gauche. Cela rassemble des gens de différents horizons de gauche, la gauche plurielle, et on fait monter une personne. Alors qu’à part être de gauche, ils n’ont aucun point commun et peuvent affaiblir ou ralentir ce pour quoi ils sont élus.

Jeudi : François Hollande face aux journalistes. Après avoir dit qu’il est social-démocrate, lors de la conférence de presse précédente, François Hollande renouvelle avec sa promesse de campagne. Il n’y a pas vraiment eu d’annonce choc à ce qu’on pouvait s’attendre d’un Président de la République française. Rien pour relancer l’économie. Il a expliqué pourquoi il part faire la guerre en Irak, pourquoi Thévenoud n’est pas resté à son poste, ce qu’il se serait passé si Manuel Valls n’avait pas eu la confiance à l’Assemblée nationale, de sa non-candidature pour 2017, du possible retour de Nicolas Sarkozy. Ainsi, il a martelé qu’il fera « ce mandat pleinement, complètement sans me préoccuper même de ma popularité qui est dans l’état que vous connaissez, parce que ce n’est pas mon objectif ». Pas facile d’être président, le plus simple était de critiquer à tout va le précédent gouvernement, si bien qu’il en reprend la suite.

Vendredi : Nicolas Sarkozy revient en politique pour briguer la présidence de l’UMP. Dans une longue tribune sur un réseau social, Nicolas Sarkozy revient pour être « candidat à la présidence de ma famille politique ». Avec, au moment où j’écris, 963 248 « mentions J’aime », l’homme est mieux doté que le président actuel François Hollande (496 803) ou que Marine Le Pen (462 454). Bien sûr, je pourrais également parler de Jean-Luc Mélanchon (187k), de François Bayrou (38k) ou Eva Joly (39k) et des autres qui sont hors de la « famille politique » de Nicolas Sarkozy. L’homme fera « avec le souci du plus large rassemblement, la volonté d’apaiser les tensions, et en même temps de susciter l’intérêt passionné de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à l’abaissement de la France. » À aucun moment Nicolas Sarkozy ne parle de l’UMP. Souhaite-t-il en changer le nom pour ce « vaste rassemblement qui s’adressera à tous » et pour bâtir cette « alternative crédible » ?

Ainsi comme je l’ai dit dans un commentaire sur le site Internet de BFM TV : « Le clivage gauche/droite est une notion de politique archaïque en France. Comment cela se fait que François Hollande fasse le programme de Nicolas Sarkozy ? Le social-libéralisme n’est ni de gauche, ni de droite, ni du centre. Ainsi, il faut « vaste rassemblement qui s’adressera à tous ». ». Car au final, cela ne nous intéresse pas de savoir si la personnalité soit de gauche ou de droite, ce qu’il nous intéresse c’est que la France regagne de la croissance. Et ce que Moody’s attend en conservant la note aa1 de la France. Au final, gauche comme droite « aiment la France ».

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Qu’est-ce que le sarkozysme ?

Aujourd’hui au Touquet-Paris-Plage, Le Campus des Jeunes de l’UMP se déroule. Daniel Fasquelle, maire de la commune, a invité l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, à ce campus. Souvent décrié en tant que président, attendu depuis sa défaite en 2012 comme l’homme providence, Nicolas Sarkozy a souvent été montré du doigt pour le sarkozysme. Mais qu’est-ce que ça pourrait être comme courant de pensée politique ou comme idéologie ?

Selon Thomas Clay, professeur agrégé de droit privé, auteur de l’ouvrage Les lois du sarkozysme, explique que le sarkozysme est « une pensée politique parfaitement structurée, qui s’est acharnée à insuffler de nouvelles valeurs à notre pays ». Selon Jacques Marseille, économiste, ou Alain Duhamel, journaliste, le sarkozysme est un bonapartisme moderne. Pour Jean-Louis Bourlangues, député européen UDF, le sarkozysme est « un libéralisme d’inspiration anglo-américaine, sorte de thatchérisme modéré ou de blairisme à la française ; un gaullo-chiraquisme d’inspiration clairement jacobine, qui repose sur l’exaltation d’un État providentiel, dispendieux et tout-puissant ».

Tout comme Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy ne croit pas au clivage gauche/droite. La preuve en est l’« ouverture » avec l’entrée au gouvernement de personnalité « de gauche » comme Éric Besson, Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel. De personnes plutôt proche du centre comme Hervé Morin, Michel Mercier, Valérie Létard, Anne-Marie Idrac, François Sauvadet et Maurice Leroy. Ou enfin des personnes sans étiquette politique comme François Mitterrand ou Fadela Amara. Nicolas Sarkozy se déclare lui-même en rupture avec l’ancien premier Président de la Cinquième République en disant : « De Gaulle a été l’homme de toutes les ruptures parce qu’il a toujours refusé la continuité, les conformismes, l’habitude, les situations acquises. […] Je refuse la répétition d’un passé qui ne serait plus accordé avec le monde d’aujourd’hui. Je veux rompre avec une certaine façon de faire de la politique. Je veux créer une nouvelle relation avec les Français ». Finalement « ensemble tout devient possible ».

Tout comme Napoléon Bonaparte, Nicolas Sarkozy souhaite une patrie grande et puissante ; c’est la « France forte ». Comme nous sommes en temps de paix, il n’est plus possible d’envahir à la manière de Napoléon Ier ses pays voisins ; il faut donc ruser pour les « envahir ». L’Union européenne et l’amitié franco-allemande permettent de grignoter un peu de ses voisins.  En mettant un « chef d’état » à la tête d’un regroupement franco-allemand ou de l’Union européenne, cela pourrait permettre de grandir (virtuellement) le pays. Ainsi Sarkozy a déclaré : « Aussi, je plaide clairement pour la création d’une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au cœur de la zone euro qui nous permettra d’abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux et qui nous permettra ensuite de prendre le leadership des dix-huit pays qui composent notre union monétaire ». Même monnaie, même fiscalité ; en somme, même pays. On peut se dire que la France peut se faire « avaler » par l’Allemagne, mais comme une guerre, on peut gagner comme perdre. Il lui prend aussi le culte de la personnalité. Contraiement aux siècles précédent, au XXIe siècle, il est plus facile de communiquer. Peindre des statues, faire des tableaux et autres bibelots ne sont plus vraiment d’actualité. Il faut être constamment à la Une de la presse ou apparaître dans les journaux télévisés. D’où le surnom de l’hyperprésident : toujours présent. Et depuis qu’il s’est mis à l’écart, il est toujours présent.

Tout comme les libéralistes, Nicolas Sarkozy souhaite que l’État assure les fonctions dites « régaliennes » de police, de justice et de défense. C’est qu’ainsi est née la diminution des professeurs : « un professeur sur deux ne sera pas remplacé », de conseillers territoriales (fusion des régions et des départements et diminution du nombre de régions), de personnel administratif (fusion de l’ANPE et de l’Assedic n’était pas forcément en faveur de la simplification d’accès entre la paye et la recherche d’emploi, réforme territoriale). En 1999, lors d’un débat opposant Nicolas Sarkozy à François Hollande, François Bayrou et Robert Hue, ce dernier déclare à son propos : « Son obsession, c’est les services publics. Il veut réduire les services publics. Vous voulez réduire sensiblement le poids des services publics dans ce pays. » Ce que Sarkozy nie en bloc.

Ainsi pour ma part, le sarkozysme est un mélange entre le gaullisme (de De Gaulle) et le bonapartisme (de Napoléon Bonaparte), le tout accompagné de libéralisme. Dernièrement, l’homme est souhaité par 69 % des sympathisants pour diriger le parti. Il représente donc un fort pourcentage des sympathisants du parti de la droite française.

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Remaniement : la valse du gouvernement Valls

Ce lundi 25 août 2014, au matin, un coup de théâtre a lieu au sein du gouvernement : le premier ministre Manuel Valls en déclare la démission. Normalement, l’homme est reconduit dans sa même fonction.

Pour le reste, c’est un peu plus hasardeux. Hamon et Montebourg ont tiré à boulets rouges sur le gouvernement en mettant en cause la direction ; ils sont contre le non-changement de cap du président de la République et du premier ministre. D’autres comme Taubira s’étaient fait remarquer durant le gouvernement Ayrault et ont finalement été conservés. Filippetti n’est pas candidate à sa propre succession en expliquant choisir « la loyauté à [s]es idéaux ». Maintenant que le président de la République François Hollande est célibataire et n’a plus comme compagne Trierwieler, il pourra conserver son ancienne compagne Ségolène Royal en tant que ministre. Il devrait sûrement garder son autre ami de la promotion Voltaire à l’ENA, Michel Sapin. Même incompétents, autant garder proche ses amis. Ce sont les ministres qui ont été le plus entendu, d’autres comme Fabius ou Touraine ont été plus silencieux.

Du fait de la parité, le gouvernement devra être composé à moitié d’hommes et à moitié de femmes (même s’ils sont incompétents hommes comme femmes). Ainsi, si le nombre de frondeurs est trop nombreux d’un côté, il sera obligé de trouver du sang neuf ou alors encore plus réduire son nombre de ministres. Rappelons que les gouvernements Ayrault ont été composés de 19 femmes et 19 hommes, soit 38 ministres ; le (premier) gouvernement Valls de seize ministres (huit-huit). Vont-ils encore réduire ? Est-ce encore possible ? Ainsi, va-t-il chercher les vieux éléphants, je pense en particulier à Delanoé ou Aubry, ou alors faire appel à des « jeunes » trentenaires ou quarantenaires, plutôt connus dans leurs circonscriptions locales, mais soutenant Hollande ?

Ensuite, il restera l’Assemblée à convaincre. Les frondeurs socialistes avaient déjà été lors de la première nomination de Valls très en colère. Il avait quand même eu 307 voix pour, 237 contre et 26 abstentions. Tu parles de frondeurs ? Ils ont plutôt envie de garder leur poste. Imagine, si Valls n’est pas reconduit car l’Assemblée ne donne pas sa confiance. Hollande sera soit obligé de modifier son gouvernement, soit dissoudre l’Assemblée. Et s’il dissout l’Assemblée, vu la côte de popularité du gouvernement, de la gauche et d’Hollande, et vu également les défaites pour les élections municipales et européennes, l’Assemblée risque de se bleuir et là, le gouvernement devra être de droite. Ce serait une première cohabitation depuis le passage du septennat au quinquennat du Président de la République.

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